jeudi 1 mars 2018

Ethiopie - La Rift Valley (17)

Deuxième partie du voyage. Depuis Addis-Abeba, nous prenons, cette fois-ci, la direction du Sud, vers la Rift Valley, la Vallée du Grand Rift.

Notre objectif est de rejoindre en 3 étapes la vallée de l'Omo, à l'extrême Sud du pays, à la frontière du Kenya et du Sud-Soudan. Comme nous allons parcourir pas mal de pistes, il nous faut des véhicules tout-terrain. Nous faisons la connaissance de nos chauffeurs et sommes donc répartis dans 3 4x4 Toyota (de toute manière, il n'y a pratiquement que des Toyota en Ethiopie ...). 

En ce dimanche, il y a encore des processions pour les fêtes de Timkat, et donc des embouteillages sur les routes. Il nous faut longtemps pour sortir de la tentaculaire capitale éthiopienne. Tous les quartiers se ressemblent : des bâtiments en construction, plus ou moins finis, de vieilles bicoques en bois ou en tôle ondulée, de petits commerces borgnes et une foule en général très jeune assemblée au bord des rues.
Aux arrêts des taxis collectifs, la foule fait gentiment la queue ... On aimerait voir un tel civisme en France !

Un moyen de transport original pour les personnes  en fauteuil roulant

On finit par prendre la route du Sud qui traverse la voie ferrée Addis-Abeba/Djibouti construite par les Français au tout début du XXème Siècle. Elle est maintenant électrifiée. C'est un axe économique très important car, depuis que l'Ethiopie a perdu sa province d'Erythrée, elle n'a plus d'accès à la mer. Les exportations, notamment de café, se font par le port de Djibouti.
Petit à petit, les maisons s'espacent, les champs sont de plus en plus jaunes. Partout des meules de foin devant des maisons en torchis et de plus en plus souvent des huttes rondes. La circulation devient moins dense;  on ne trouve plus de voitures particulières, si nombreuses dans la capitale. 

Nous pénétrons en pays Oromo, fini le pays Amhara ! D'ailleurs, les caractères latins ont fait leur apparition sur les panneaux publicitaires, aux côtés de l'amharique, la "langue officielle". Les Oromos dont l'origine est somalienne ont leur propre langue et refusent d'être assimilés aux Amharas ...

A ces petits riens, on s'aperçoit qu'une certaine animosité règne entre les différentes communautés. Plus tard, je lirai dans le journal Ethiopian Observer que le gouvernement était sur le point de tomber à cause des dissensions entre Amharas, Oromos et Tigréens. Il ne faudrait pas que l'Ethiopie devienne dans le futur un nouveau Rwanda !

Nous marquons un arrêt sur le site préhistorique de Melka Kunture, où des fossiles humains de différentes époques ont été mis au jour, mais tout est fermé. Le musée est en réfection et l'agence de Melaku n'a pas été prévenue ... La route traverse la Rivière Awash, le seul cours d'eau qui ne sort jamais d'Ethiopie puisqu'il se perd dans la région désertique du Lac Abbe, à proximité de la République de Djibouti.

On continue donc vers Tiya, le site des monolithes gravés avec des épées et des signes cabalistiques. On se croirait un peu à Carnac. Les stèles datent de 1400-1500 environ, à un moment où les tribus locales n'étaient pas encore christianisées ou islamisées. Comme dans plusieurs tribus animistes du Sud, on vénérait la Lune.

Nous faisons halte dans un beau restaurant où je déguste un bon fish goulash, une spécialité d'ici. La salle à l'architecture traditionnelle est joliment décorée.

La route descend de plus en plus, des hauts plateaux vers la Vallée du Rift. On l'aperçoit enfin, toute plate, vaste et lumineuse. 

Le Grand Rift est cet ensemble géologique constitué de failles s'étirant du Liban au Moyen-Orient jusqu'au Mozambique en Afrique Australe. Il est placé à l'endroit où la plaque africaine s'éloigne des plaques arabique et indienne. 

Le long de cette zone de fractures, le volcanisme est présent partout. On trouve un peu partout des morceaux d'obsidienne - qui ressemble à une pâte de verre noire - et de pierre-ponce très légère ... Il est facile de porter à bout de bras de gros cailloux !

La Rift Valley est parsemée de nombreux lacs, comme le Lac Ziway. De nombreux oiseaux, aussi bien endémiques que migrateurs, y vivent. Une importante faune avicole se laisse facilement approcher.
 Marabouts
Aigle pêcheur
 Grande aigrette
 Ouettes d'Egypte
 Ibis sacré
 Echasse blanche
 Ombrette africaine
Guépier écarlate

Des enfants pêchent facilement des poissons qu'ils donnent à manger aux pélicans et marabouts qui se disputent la pitance.

Aux abords du Lac Ziway, la route longe d'immenses serres - qui occupent plusieurs centaines d'hectares - construites par les Hollandais et où on cultive des roses. 6000 personnes en vivent !

La végétation est de plus en plus sèche, même si le ciel est très menaçant ce soir.
 Un immense euphorbe

Après 230 kilomètres depuis Addis, nous atteignons Shashemene. A l'entrée de la ville, un portrait de Bob Marley nous rappelle que c'est dans cette ville que se sont installés les rastas. 
Notre hôtel est luxueux. Son propriétaire n'est autre que Haile Gebrselassie, le célèbre coureur de fond titulaire de plusieurs titres de champion du monde et champion olympique. Apparemment, il a fait fortune ! 

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