jeudi 6 avril 2017

Cuba (2) : Santiago de Cuba

La nuit a été chaude et humide, mais heureusement notre chambre est équipée d'une clim. Mais quel bruit ! Les boules quiès atténuent à peine un ronflement de moteur diesel .... Petit déjeuner à 8 heures, autant dire assez tard puisque le décalage horaire de 7 heures avec la France m'a fait réveiller à 5 heures, malgré la fatigue. A travers une fenêtre grillagée – à Cuba toutes les fenêtres des étages inférieurs le sont, risques de vols obligent - , nous avons une vue sur le carrefour où passent de nombreux camions-taxi dont la benne a été transformée pour transporter des personnes. Ce sont les transports en commun les plus nombreux ici. Les véritables bus, tous des Yutong chinois, ne sont pas très fréquents. Camions américains, voitures américaines, ... tous plus déglingués les uns que les autres. Quelques uns sont malgré tout repeints de couleurs flamboyantes.
Beaucoup de carrioles à cheval aussi car peu de Cubains disposent d'une voiture particulière.
Premiers contacts avec la rue cubaine.
Le programme d'aujourd'hui consiste à se promener dans la vieille ville de Santiago de Cuba. Balcon de Velazquez - le premier gouverneur espagnol - d'où les premiers colons guettaient l'arrivée d'éventuels pirates dans la baie, puis la Cathédrale.
On fait de la gym dans la rue ou du chi gong sur le parvis de la Cathédrale. Les Chinois sont passés par là.
La Plaza Cespedes marque le centre de cette vieille ville coloniale.
Tout autour se trouvent de beaux bâtiments : la Mairie, la Cathédrale, la maison de Diego Velazquez de style mudéjar.
Dans les rues adjacentes, de nombreux bars où on peut écouter des orchestres interpréter des airs de son, de trova, de boléro, de salsa, ... L'occasion de prendre un mojito ou un cuba libre en regardant danser un vieux couple encore très agile.

Acheter à boire ou à manger n'est pas si simple que ça. Selon l'endroit, on paie en pesos cubains ou en CUC (pesos convertibles normalement utilisés par les étrangers) dont la valeur est sensiblement différente. 1 CUC vaut 1 dollar américain (soit environ 1 euro au taux de change actuel), alors que 1 peso cubain (la monnaie normalement utilisée par les Cubains) vaut 25 fois moins. Il paraît qu'il y a un plan de convergence des 2 monnaies, mais on n'y est pas ! En tout cas, ce système à 2 devises complique les choses pour le visiteur. Certains Cubains profitent même du système pour tenter de vendre leurs produits dans la rue aux étrangers à un tarif 25 fois plus cher qu'aux Cubains. Il suffit d'annoncer un prix en pesos, sans préciser s'il s'agit de pesos cubains ou de pesos convertibles .Le touriste qui ne connaît normalement que les CUC aura tendance à comprendre que le prix lui est annoncé en CUC …
Les murs des rues sont souvent couverts d'inscriptions indiquant quel est le «CDR» du coin. Le CDR, c'est le Comité de Défense de la Révolution créé par le régime pour surveiller les agissements des contre-révolutionnaires, quartier par quartier. L'écrivaine cubaine exilée en France Zoé Valdès dit que ce sont des 'mouchards' ... Les CDR ont des bâtiments sur lesquels on trouve des slogans à la gloire du régime, et des effigies des chefs de la Révolution : Fidel, et aussi le Che, le héros révolutionnaire dont le destin dramatique est connu dans le monde entier.
Encore qu'on ne voit ces portraits que sur des panneaux officiels, des usines et magasins d'Etat. Pas une seule effigie du Che sur les tee-shirts des Cubains, comme en voit parfois chez nous. Par contre, les jeunes sont très nombreux à porter des tee-shirts aux couleurs de marques américaines, de clubs sportifs américains et même du drapeau américain ... Étrange dans ce pays qui a été soumis à un embargo implacable de la part de son voisin du Nord pendant 60 ans et qui désignait jusqu'à il y a peu les Etats-Unis comme le pays impérialiste à abattre.
Comme dans les ex-Pays de l'Est, on joue aux échecs dans les rues et une petite place de Santiago est consacrée à ce jeu, ainsi qu'aux dames et aux dominos pour les moins «intellectuels». Des parties acharnées s'y déroulent et les joueurs en viennent presque aux mains s'il y a dispute.
Dans le patio du Musée du Carnaval, on donne tous les jours un spectacle de danses folkloriques.
A la fin, les spectateurs sont invités à participer, ce qui donne l'occasion à la danseuse qui nous coache de se présenter, de demander de l'argent et d'essayer de vendre un CD du groupe. La concurrence est féroce, il n'est pas question de donner quelques CUC à la mauvaise danseuse !  
Pendant la journée, nous n'avons déjeuné que d'une petite pizza payée l'équivalent de 0,2 € et de quelques sapotes, un fruit délicieux ressemblant à un petit avocat et dont la chair orange est sucrée et un peu farineuse. Le dîner du soir est donc attendu avec impatience. Christine emmène tout le groupe dans un restaurant très bien, dit-elle. C'est vrai que c'est bon marché. La langouste grillée coûte 200 pesos cubains, soit 8 € ... Au moment de payer, elle ne s'y retrouve pas dans les comptes, et nous devons attendre 45 minutes avant de régler l'addition.
Du coup, la plupart des membres du groupe décident de rentrer se coucher après le repas. Seuls Mado, Jean-Paul, Michèle et moi, accompagnés par Christine et son copain cubain, un rasta petit fils d'un musicien très connu ici (celui de droite sur la photo) décidons d'aller écouter un petit concert de musique qui a lieu dans un bar de la  Plaza de Marte. 
Arrivés sur place, l'entrée est payante (3 € par personne) et le groupe se produit dans une salle fermée. Le style de musique ne plait pas trop à Mado et Jean-Paul et Christine n'est plus trop emballée non plus. Elle a peut-être mieux à faire avec son compagnon cubain ... Michèle déclare aussi forfait ... Comme je ne parle pas espagnol et que je ne connais pas suffisamment cette ville pour être en mesure de revenir à notre habitation, il ne me reste plus qu'à rentrer me coucher à mon tour ... C''est tout de même dommage de ne pouvoir découvrir cette musique ici même à Santiago de Cuba, la ville qui a le plus contribué au développement de la musique cubaine, la ville du Buena Vista Social Club.  

Cuba (1) : Arrivée à Santiago de Cuba

Il fait déjà nuit quand nous arrivons à l'aéroport de Santiago de Cuba. Sa petite aérogare est vieillotte, plus modeste que celle de Pau. C'est pourtant la deuxième ville du pays avec plus de 400 000 habitants.
Le premier slogan affiché dans le hall de livraison des bagages nous met dans l'ambiance : Santiago de Cuba, rebelde ayer, hospitalaria hoy, heroica siempre ! C'est ici qu'a commencé la Révolution Cubaine. Fidel Castro y a attaqué sans succès la Caserne de la Moncada le 26 Juillet 1953 avant d'être capturé par les troupes du dictateur Batista, puis emprisonné. Et c'est aussi ici qu'il a proclamé sa victoire le 1er janvier 1959 après que son armée de barbudos ait fini par renverser Batista. A l'époque, il n'était pas encore communiste, contrairement à son frère Raul Castro Ruz qui lui a succédé au pouvoir en 2006 et à Che Guevara, ses compagnons de combat de la Sierra Maestra..
Dès la sortie de l'aéroport, question automobiles, on est mis dans l'ambiance. D'antiques américaines nous attendent pour nous transporter en ville.
On dirait que la vie s'est arrêtée en 1962, au moment où a commencé l'embargo américain. De très nombreux véhicules datent des années 1950 et les Cubains font des prouesses pour les maintenir en vie. Bien sûr, on voit aussi à Cuba des véhicules soviétiques (des voitures Lada ou Moskvitch, des camions Kamaz) et maintenant quelques rares véhicules modernes, japonais, coréens et même français. Mais, Cuba ne serait plus Cuba sans ses vieilles Chevrolet, Dodge, Pontiac ou autres Lincoln !
Nous somme un groupe de 13, logés chez l'habitant. Il y a là Chaké l'Arménienne qui habite Paris, traductrice d'anglais, et qui a été la belle-soeur d'un ingénieur géophysicien de Elf avec lequel j'ai travaillé plusieurs années; Joëlle l'employée administrative qui travaille chez Lactalis en Mayenne, passionnée de voyages et très indépendante ; un couple de retraités de Bordeaux, Jacques qui travaillait dans une banque pour recouvrer des créances et son épouse Gisèle cadre administrative à la Fac de Bordeaux, section Oenologie; un couple de Paris, Jean formateur dans une banque – le «monsieur je sais tout» de la bande - et son épouse Alice qui prennent Michèle en grippe dès le départ, probablement pour une question de bonne place dans le bus; un couple d'hommes, très probablement homosexuels, que, dès le départ, tout le monde appelle «les garçons» - comme s'ils étaient des adolescents alors qu'ils ont largement dépassé la cinquantaine ! -, férus de voyages et de culture, le très discret et affable Michel, un parisien ayant eu plusieurs vies professionnelles, la dernière dans le tourisme, et le petit Philippe, un fonctionnaire habitant Grenoble aux avis très tranchés et pas toujours bienveillants. Et puis Mado et Jean-Paul, nos amis de Pau avec lesquels nous entreprenons notre troisième voyage après l'Indochine et l'Inde. Notre accompagnatrice d'ADEO, Christine la parisienne, la soixantaine passée, retraitée du milieu de la mode, très zen -elle nous dira plus tard qu'elle s'est convertie au bouddhisme - s'avère rapidement peu portée sur l'organisation et venue surtout ici pour y danser la salsa et faire le tour des conquêtes qu'elle a pu faire au cours de ses précédentes missions à Cuba. Une vraie cougar.
Nous n'avons maintenant qu'une envie, dormir. Avec Mado et Jean-Paul nous partageons, comme nous le ferons presque tout au long du voyage, une habitation de 2 chambres. Nous sommes dans une maison d'hôtes bien équipée. Les propriétaires ne dorment pas là, ils ont un autre logement. Le nôtre est très correct, et bien propre.
Quand nous disons au propriétaire venu nous accueillir et nous donner les clés, qu'il est assez aisé pour avoir 2 maisons, il nous dit qu'il ne fait pas partie des riches !
Pourtant, les habitations du coin semblent plutôt délabrées par comparaison avec notre logement. Et quand la propriétaire nous donne sa carte de visite, on s'aperçoit que c'est celle d'une entreprise de location de chambres. Depuis l'arrivée de Raul Castro au pouvoir, il y a une certaine libéralisation et les petites entreprises privées commerciales sont autorisées. Le tourisme est un des secteurs en plein boom et très nombreux sont les Cubains qui louent des chambres, ce qui permet l'essor d'un tourisme de masse: 1 million de touristes par an, pour une population de 12 millions de Cubains.

lundi 13 février 2017

Un p'tit tour en avion autour de Pau

Grâce à Laurent, un ami passionné d'aviation, j'ai pu faire un petit tour d'avion autour de Pau. Le temps n'était pas très beau: visibilité moyenne et turbulences ... mais néanmoins un très bon moment. Une petite heure à faire le tour de la ville. 

Départ de l'Aéro-Club, à l'aéroport de Pau Pyrénées.
Les deux "touristes" : Onno et moi
 La check-list au parking avant de partir
 Le tableau de bord. Pour un petit coucou, c'est déjà très compliqué



Vues du ciel
L'église de Monein
Lons 
Le Chateau de Pau
Le Stade d'Eaux-Vives
Le Zenith et l'hippodrome




samedi 7 janvier 2017

Les oiseaux de mon jardin, suite (janvier 2017)

Autour des mangeoires installées pour l'hiver, des dizaines d'oiseaux se pressent pour se gorger de graines et de graisse en boules. Voici ceux que nous avons observé hier avec les jumelles de Sacha.

L'accenteur mouchet, un oiseau protégé, très discret, qu'on ne voit qu'en hiver. Il se distingue du moineau par un bec très fin. 

Le pinson des arbres, trapu avec un gros bec, multicolore pour le mâle, de couleur plus uniforme pour la femelle 
Le mâle
La femelle

La mésange bleue, de petite taille, avec un tout petit bec, un plumage à dominante bleue et jaune

La mésange charbonnière, assez grande, avec sa calotte noire, ses joues blanches, son dos verdâtre

Le rouge-gorge, reconnaissable à la couleur de son poitrail 

La sitelle torchepot, à la silhouette trapue, au long bec, avec son "loup". Elle se met souvent en position renversée, la tête en bas. Elle emmagasine plusieurs graines dans son bec qu'elle va ensuite ingurgiter sur une branche (en faisant de grands coups de tête), ou bien cacher sous une écorce d'arbre.

Le plus étonnant, le léiothrix jaune ou rossignol du Japon. C'est un oiseau exotique, originaire d'Asie. Il y a quelques années, quelques individus se sont échappés d'une cage et ils ont établi une colonie aux bords du Gave de Pau. Maintenant, on en recense plusieurs milliers dans la région où ils se sont parfaitement acclimatés. 
Celui-ci s'est cogné dans une de nos baies et était complètement étourdi. Avant qu'il ne reprenne ses esprits, j'ai pu le photographier de près. Il est magnifique, non ?

La pie voleuse essaie de profiter de l'aubaine. Quand elle approche, tous les petits oiseaux lui laissent la place. Il faut dire que c'est une carnivore assez agressive qui n'hésite pas à faire fuir les chats et manger leur pitance ...