vendredi 30 juillet 2010

De Saint-Pétersbourg à Moscou - 2 (3 juillet 2010)

Lever 7h, c'est-à-dire 5h, heure de France … Nous avons rendez-vous à 8h30 pour les visites du jour. On commence par le Musée de l'Ermitage, de renommée au moins aussi grande que le Musée du Louvre à Paris.
Le Musée est situé dans le Palais d'Hiver, l'ancienne résidence des Tsars de toutes les Russies, jusqu'à la Révolution d'Octobre 1917. De style classique, le Palais d'Hiver a été construit entre 1754 et 1762 sous le règne de la Tsarine Elisabeth, fille de Pierre le Grand. Comme beaucoup de bâtiments de Saint-Pétersbourg, il est repeint de frais, ici avec un vert flashy. Saint-Pétersbourg a fêté son tricentaire en 2004 et sous l'impulsion du Président russe, Vladimir Poutine (Владимир Путин), originaire de la ville, un effort important a été fait pour lui donner un nouvel éclat. Il faut reconnaître que c'est réussi. 15% des immeubles sont placés sous la protection de l'UNESCO.






Visite des collections de l'Ermitage au pas de course. Un peu frustrant d'apercevoir en si peu de temps autant de chefs d'oeuvre de Léonard de Vinci, Raphaël, du Caravage, de Rembrandt, Goya, Velasquez, des impressionnistes (Cézanne, Degas, Renoir, Monet), des pointillistes, de Gauguin, Matisse, Picasso. … Et même une vue de Saint-Jean de Luz par Albert Marquet (1875-1947).


Des couloirs du Musée, on aperçoit la Neva et la Forteresse Pierre-et-Paul.


Les appartements impériaux sont magnifiquement restaurés :




Portrait de la Tsarine Catherine II (Екатерина II) qui reçut Voltaire à sa Cour.



Réformatrice de la Russie, «despote éclairée», Catherine n'a cependant guère appliqué les principes libéraux des Lumières: elle fit froidement étrangler son mari, le Tsar Pierre III, par le frère de son amant, le Comte Orlov, pour pouvoir accéder au trône. A l'époque, Mme de Staël écrivait ironiquement que la Russie était un «despotisme tempéré par la strangulation» !
Aux abords du Palais d'Hiver situé sur les bords de la Neva, l'Ile Vassilievsky et les Colonnes Rostrales,


et l'Amirauté que domine une flèche dorée


Au pied de la Forteresse Pierre-et-Paul (Петропавловская крепость), les pétersbourgeois branchés se font dorer sur la plage


Dans son enceinte, la Cathédrale Pierre-et-Paul contient les tombeaux de tous les tsars depuis Pierre le Grand. Récemment, y ont été inhumés Nicolas II et sa famille, assassinés par les Bolcheviks en 1918.




Comme dans chaque église de renommée internationale, un choeur d'homme interprète un chant liturgique et un chant populaire et nous propose un double CD. Le chant liturgique orthodoxe, qui comprend toujours une voix basse profonde comme on n'en entend jamais chez nous, nous émerveille toujours autant. On en profite pour acheter un recueil de chants en slavon, le latin des orthodoxes.


Saint-Pétersbourg peut à juste titre d'enorgueillir du titre de Venise du Nord, tant les canaux y sont nombreux.






De nombreux palais les bordent



L'Eglise Saint-Sauveur sur le Sang Versé (Храм Спаса на Крови) a été construite sur le lieu du meurtre du Tsar Alexandre II par des anarchistes en 1881.



Cette manière de commémorer un régicide est une façon pour l'Eglise Orthodoxe Russe d'affirmer son lien avec le pouvoir temporel des Tsars. De nos jours, l'Etat et l'Eglise Russes font de nouveau cause commune, en particulier face à la menace terroriste musulmane, et la séparation de l'Eglise et de l'Etat est de plus en plus fictive. Les hommes politiques russes, quelquefois anciens apparatchiks communistes comme Poutine, expriment leur foi de manière ostensible.
La Cathédrale Saint-Isaac, inspirée par la Cathédrale Saint-Paul de Londres :



La Cathédrale Saint-Nicolas des Marins (Никольский морской собор), de style baroque, est dédiée aux gens de mer.


Le Couvent Smolny, au milieu des bois, est l'oeuvre de l'architecte italien Rastrelli. De style baroque russe, il a été construit entre 1750 et 1835. C'était autrefois un lieu d'éducation des jeunes filles de la noblesse russe.


Le soir, les «Nuits Blanches» enflamment la ville ! Tout le monde se retrouve dans la rue, près des monuments, sur les bords de la Neva, pour fêter un mariage ou tout simplement profiter des longues journées d'été.







A 1h30 du matin, les ponts qui franchissent la Neva vont s'ouvrir les uns après les autres pour laisser passer le trafic fluvial. Tout le monde attend l'évènement qui coupera la ville en deux, 4 heures durant.





Saint-Pétersbourg sous la lune :


De Saint-Pétersbourg à Moscou - 1 (2 juillet 2010)

Internet n'étant disponible ni sur le bateau de croisière ni dans le Transibérien, c'est donc en "léger différé" que je me propose de vous relater notre grand voyage de l'année : de Saint Pétersbourg à Pékin, en empruntant les moyens de transport terrestres et fluviaux.
La première partie s'organise autour d'une croisière sur les lacs du Nord de la Russie (Ladoga et Onega), la Neva, la Rivière Svir, la Volga et les canaux Volga-Baltique et Volga-Moscou. Son point de départ en est Saint-Pétersbourg, et son point d'arrivée Moscou.

La deuxième partie, le voyage en Transibérien, ou plutôt en Transmongolien, nous a permis de rejoindre ensuite Pékin, après plus de 8000 kms parcourus à travers la Sibérie puis la Mongolie.


En avant donc pour la grande aventure !
Le 2 juillet, nous quittons donc Toulouse pour Saint-Pétersbourg, avec une correspondance à Francfort très précipitée par suite d'un important retard du vol de Toulouse. Miraculeusement, et surtout grâce à l'efficacité des bagagistes de Lufthansa, nos bagages sont bien là, sur le tapis roulant de l'aéroport de Saint Pétersbourg / Pulkovo: Санкт-Петербург / Пулково.
Là, vous vous dites : qu'est ce que c'est que cet embrouillamini ? Comme nous,il faut vous y faire car la Russie commence dès le couloir qui relie l'avion à l'aérogare. Je «pousse» un peu, car les indications sont aussi fournies en anglais et caractères latins, statut international de la ville oblige … mais le déchiffrage de l'alphabet cyrillique est souvent utile à la compréhension, d'autant que pas mal de noms russes sont calqués sur la prononciation de mots «latins». Deux exemples pour illustrer mon propos : ресторан («restoran»: restaurant) et туалет («toualet»: toilettes).
Contrairement à tout ce que j'ai lu dans le guide, les formalités de police et de douane sont réduites, en ce qui nous concerne, à leur plus simple expression. D'autres membres de notre groupe de voyage n'auront pas cette chance, ils devront poireauter plus de 3 heures avant de franchir les contrôles ...
La voiture japonaise flambant neuve du représentant de l'agence de voyages russe nous conduit à notre hôtel, dans le centre de la ville, en empruntant sur des kilomètres une immense avenue toute droite, un prospekt. De part et d'autre, de grandes barres d'immeubles dans un état de semi-délabrement qui, par comparaison, font paraître presque pimpantes certaines de nos cités.


L'auto-radio déverse, moderato, un flot de musique rock russe. Il est presque minuit et il fait encore jour. Le solstice d'été a eu lieu il y a moins de 2 semaines et Saint-Pétersbourg, situé très au nord, vit au rythme des «Nuits Blanches».
Les 2 heures de décalage horaire avec la France nous font nous mettre au lit très «tôt», mais attention car demain notre première journée de visite promet d'être harassante !

mercredi 16 juin 2010

En Alsace-6 (16 juin 2010)

Pour mon dernier jour en Alsace, je suis parti en direction de la Forêt Noire, en Allemagne. Sur la route, je traverse Neuf-Brisach, inscrit au Patrimoine de l'Humanité par l'UNESCO. A cause de son architecture militaire unique créée par Vauban.




Puis, je traverse le Rhin et ses écluses qui permettent aux péniches de remonter le fleuve jusqu'en Suisse :



Il y a plusieurs bateaux de croisière amarrés sur le quai, dont un hollandais.



Après avoir traversé la ville de Fribourg-en-Brisgau, je grimpe dans la Forêt Noire, le pendant allemand des Vosges. D'ailleurs, on y trouve le même type de paysages et de villages :


Malheureusement, le temps se gâte, il tombe une pluie fine qui ne me quittera plus jusqu'à mon retour prématuré vers Colmar, en passant non loin de Bâle, en Suisse, et Mulhouse.
La Coupe de Monde de Football est encore plus populaire en Allemagne qu'en France. Partout des drapeaux noir-rouge-jaune accrochés aux fenêtres ou aux voitures, et des proclamations de soutien à la Fussball Nationalmannschaft.


Celui-ci se méfie : ce doit être un Français travaillant en Allemagne !


Demain, je fais route vers Lyon, où je dois coucher chez Florence et Jean-Louis qui ont eu la gentillesse de m'héberger pour une nuit.
Et vendredi soir, je serai à Saint-Urcize (Cantal), le berceau de la famille Vaissière . Généalogie, le retour ...