mercredi 8 avril 2015

Traversée indochinoise (29) : Le Delta du Mékong, de Ben Tre à Ho Chi Minh-Ville


Lever tôt au chant des coqs. Petit déjeuner vietnamien avec du manioc mélangé à de la banane cuite dans une feuille de bananier (j'adore). 
Notre gîte
Nous remettons notre petit cadeau (une petite bouteille d'eau de toilette pour madame et une petite bouteille de vin pour monsieur) à la propriétaire qui semble ravie.
Je demande à Lung si j'ai gagné au tirage journalier de la loterie nationale. C'est facile, il suffit de d'envoyer un sms ... mais pour cette fois, c'est raté !
Le vélo est le moyen idéal pour se déplacer dans le Delta du Mekong. Ici, tout est plat et l'espace laissé libre entre les cultures (arbres fruitiers, légumes, manioc) et les petits canaux d'irrigation est très mince, juste la place d'une petite piste cyclable en béton. 
Alors, nous allons faire un dernier tour de "petite reine". Visite de la maison commune du village de Dinh Phu Nhuan avec son palmier qui a plus de 100 ans. Elle abrite les temples du génie tutélaire du sol et de son épouse (le yin et le yang). Monsieur et Madame ont chacun leur fête, le 13 mars et le 13 septembre.
C'est l'occasion rêvée pour Lung de nous dire pourquoi l'esprit asiatique diffère de l'esprit occidental. Quand les Occidentaux croient à l'existence d'une seule vérité, les Asiatiques croient que toute chose, tout esprit, toute idée inclut son contraire, le yin et le yang. Ainsi chaque homme a une part de féminité, et réciproquement. Lorsque on construit ici un temple, tout est symétrique comme chez les Occidentaux mais regardez bien, dit Lung, sur un pylône on sculpte un dragon tête vers le haut , sur le pylône voisin, on sculpte un dragon tête vers le bas. Yin, yang, yang, yin. Cela va chercher loin puisque les toits chinois, et même les tuiles, sont recourbés. Ils/elles ont une pente et au bout de la pente une contre-pente, toujours le yin et le yang
On passe près d'un marché de village où on vend des ciboulettes (des échalotes dit Mado), de la viande de porc dégraissée. Seuls les Chinois, ces sous-développés, mangent le gras nous dit Lung.
L'étal de viande, où la bouchère officie sur la table
 L'oreille d'éléphant chez le poissonier
Plus loin, 2 femmes tressent des nattes de jonc avec une rapidité et une dextérité étonnantes.  Avec les restes, on fabrique de jolis petits balais en jonc. 
Nous allons aussi voir une fabrique de bombons de coco. IL y en a à plusieurs parfums, dont le duryan. On nous explique le processus complètement manuel et plutôt fastidieux, surtout pour l'emballage des bombons dans de petits papiers. 
Reprenant une pirogue, on se dirige vers une briqueterie qui a 3 ou 4 fours pour cuire les briques d'argile. 
La difficulté consiste à charger totalement jusqu'au plafond les chambres des fours de cuisson avec les briques crues. Pour ça, il faut passer par de tout petits escaliers extérieurs. Il faut 1 mois pour charger le four, 3 semaines de cuisson en employant de la balle de riz comme combustible, et encore 1 mois pour décharger. Un travail de Romain, je veux dire de Vietnamien ! Je suis effaré par l'obstination qu'il faut à tous ces travailleurs manuels pour fabriquer leurs produits. 
Nous déjeunons dans un très bon restaurant, très fréquenté aussi bien par des touristes que des Vietnamiens. Quelques spécialités: la boule de riz (grosse comme un petit ballon de football) obtenue en faisant frire du riz gluant dans un wok d'huile bouillante. Et de petits escargots de pâte farcis avec de la viande de porc et des crevettes. C'est délicieux !
Petit à petit, nous nous rapprochons de Saïgon, Ho Chi Minh-Ville officiellement (en vietnamien Thành phố Hồ Chí Minh), la ville la plus peuplée du Vietnam, 10 millions d'habitants.
Les embouteillages succèdent aux embouteillages. Le flot des motos ne cesse de grandir. Nous passons devant une église caodaïste. 
Lung nous explique les origines de cette religion exclusivement vietnamienne qui a 2 millions de fidèles. Le caodaïsme (Cao Dai signifie Etre Suprême) a vu le jour en 1921 grâce a un fonctionnaire illuminé qui faisait tourner les tables et a reçu, ce faisant, une injonction de l'Etre Suprême : celle de créer la Troisième Alliance, une nouvelle religion pratiquant le syncrétisme de toutes les religions connues au Vietnam : bouddhisme, taoïsme, confucianisme, religion  traditionnelle, culte des ancêtres, christianisme, et même islam. 
Le Bouddha, Confucius, le Christ et Lao Tseu entouré de divinités vietnamiennes. Seul le Prophète Mahomet n'y est pas figuré, vous savez pourquoi ... Mais un croissant au plafond évoque sa présence spirituelle.
Le caodaïsme est organisé comme le catholicisme, avec un Pape, des cardinaux, des évêques, ... Les fidèles doivent venir a la messe au moins une fois par jour.  En rentrant dans l'église, je suis surpris de voir figurer Victor Hugo en saint caodaïste, coiffé d'un bicorne d'accadémicien. Le père des "Misérables" était connu pour pratiquer le spiritisme avec sa défunte fille, alors ...
Une fois arrivé à Saïgon, Lung nous emmène faire un tour à pied des anciens quartiers de la ville coloniale qui recèlent encore de beaux immeubles datant des années 1900-1930. 
L'Hôtel de Ville 
 L'Opéra
 L'Hôtel Continental
 L'Hôtel Majestic
 Une construction futuriste
 Un sosie / admirateur de l'Oncle Ho
Au marché, il y a deux types de magasins. Les magasins d'Etat où les prix sont fixes et les employées fonctionnaires, habillées en chemisier bleu clair, et les magasins privés où on peut marchander.
La circulation des motos est vraiment incroyable. Aux carrefours, dépourvus de feux tricolores, on se demande comment les 2 flots font pour se croiser sans aucun accident ! Et de temps en temps, nous devons prendre sur nous pour traverser ce flot continu, sans passage pour piétons, sans feu rouge ... mais finalement, il faut juste connaître les règles à respecter : avancer doucement, éventuellement s'arrêter, mais surtout ne jamais reculer. C'est impressionnant mais ça marche.
Un dernier tour pour aller manger au Pho2000, là où le Président américain Bill Clinton est venu manger, il y a environ 10 ans, un pho, une soupe de nouilles de riz vietnamiennes traditionnelle. 
C'est la même que nous goûtons ici. Il faut dire que c'est le restaurant le plus réputé pour cela à Saïgon, nous dit Lung. Et Lung , il est bien informé. 

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